Maison Familiale Rurale de l’Entre-Deux-Mers

Établissement scolaire d’enseignement agricole en alternance (Sauve Majeure - Gironde)

une formation taille de vigne à la Maison familiale et rurale de l'Entre-deux-Mers

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Du 12 novembre au 20 janvier 2015, la MFR de l’Entre-deux-Mers organise, en partenariat avec Pôle emploi, un stage pour adultes de formation à la taille de vigne. C’est la deuxième année que l’établissement procède à cette formation, encadrée par Michel Senil, formateur responsable de la formation continue. S’adressant à des personnes à la recherche d’un emploi stable dans le milieu viticole, la convention de stage de Pôle emploi ne prévoyait que 12 stagiaires, et pas un de plus. « Il y avait 60 candidats sur les rangs pour cette formation, indique Michel Senil. Il nous a fallu procéder à une sélection sur la base de critères particuliers et de priorités pour n’en retenir que 12 au final. Deux réunions préliminaires nous ont permis ainsi de sélectionner les 12 candidats participant à cette session. »

Cette formation va se dérouler sur 315 heures : 210 heures sur le site de la MFR et 105 heures en entreprises, sur des exploitations viticoles girondines. À la fin de cette formation, les stagiaires devront être capables de réaliser deux tailles de vigne différentes, d’effectuer ces tailles en respectant les consignes de sécurité, d’être aptes à utiliser les outils manuels et électriques, d’effectuer les sécaillages et l’entretien du palissage et enfin, d’être capables d’effectuer la taille de formation pour les jeunes plants.

Accompagner vers l’emploi

Durant leur formation sur le site de la MFR, tous les stagiaires vont bénéficier d’un accompagnement vers l’emploi. « Nous allons organiser pour eux des ateliers techniques de recherche d’emploi, annonce Michel Senil. Nous allons les aider, par exemple, à réaliser un CV et une lettre de motivation. On fera aussi des simulations d’entretien d’embauche avec des intervenants de l’Adefa 33 (Association départementale pour l’emploi et la formation en agriculture). Enfin, on les conduira sur deux forums, le 20 novembre, à Céron, et le 27 novembre, à Libourne, à la rencontre d’employeurs potentiels. »

Ce stage de formation très complet se terminera tout d’abord par une évaluation, le 19 janvier, et par un bilan, le lendemain. Pour les candidats ayant réussi l’épreuve finale orale, théorique et pratique, il sera délivré une attestation de compétences sur les savoirs et savoir-faire acquis ou en cours d’acquisition. Ils bénéficieront également d’une validation de trois modules du certificat professionnel ouvrier qualifié de l’exploitation viticole (niveau 5). Pour chacune des validations, le stagiaire est mis en situation de travail. « A l’issue de cette formation, nous assurons avec Pôle emploi un suivi des stagiaires à trois mois et à six mois, assure Michel Senil. Nous tenons à savoir ce qu’ils sont devenus après leur stage. »

Jean-Baptiste Rapaud a 33 ans. Il taille la vigne depuis deux ans après être venu à ce travail un peu par hasard, suite au dépôt de bilan de sa petite entreprise. « J’avais une petite supérette à Bordeaux, raconte-t-il. J’ai dû déposer le bilan, mais suite à ça, Pôle emploi ne m’a proposé que des emplois qui ne correspondaient pas à mes attentes. Par une relation, je suis allé travailler dans un domaine viticole et ce travail extérieur m’a bien plu. Depuis deux ans, je fais les saisons et Pôle emploi m’a alors proposé cette formation. J’ai adhéré tout de suite. »

Natacha Sillières a 47 ans et travaille dans les vignes depuis cinq ans. Elle a demandé à Pôle emploi une formation taille de vigne qui l’a inscrite à cette session où elle a été sélectionnée. « J’aimerais bien obtenir un CDI chez un viticulteur avec ces nouvelles compétences, confit-elle. Cette formation certifiée me manquait jusqu’à présent. Tout ce que je sais faire, je l’ai appris sur le tas. A un moment donné, ça ne suffit plus. »

Quant à Annie Poulain, 47 ans, elle travaille la vigne depuis plus de vingt ans. Elle maîtrise pas mal de choses, mis à part le taillage et le sécaillage. « Je ne suis que saisonnière depuis toutes ces années, dit-elle. Je voudrais pouvoir décrocher enfin une place stable car la mienne est précaire. »